Sesame | Série «Les coulisses du Programme SESAME»
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Série «Les coulisses du Programme SESAME»

05 mar 2018 , dans Personnel SESAME

Qui sont les équipes qui accompagnent les étudiants du Programme SESAME pendant toutes leurs études et les mènent vers une insertion professionnelle réussie ? Enseignants ou éducateurs, ils font la qualité du Programme depuis cinq ans.

 

Deuxième épisode : l’équipe éducative, dirigée par Tantely Andriantsoa.

Ils sont au plus près des 96 étudiants de l’Année Préparatoire. Les 16 éducateurs du Programme SESAME sont toujours là, de jour comme du nuit, en semaine et le week-end, pour gérer les petits coups de blues ou les gros coups de stress, pour discuter, écouter, former, accompagner, et surtout pour faire des étudiants de l’AP de futurs adultes autonomes et responsables. Et pour cela le temps est compté ! En 10 mois seulement, les étudiants de l’AP ont beaucoup de choses à apprendre : gestion de leur temps, tâches ménagères, vie en groupe, découverte de la capitale, travail personnel.

Pour les préparer au mieux, les éducateurs du Programme SESAME sont organisés en deux équipes : l’une travaille de 7h30 à 17h30, ce sont les éducateurs-tuteurs, ils suivent chacun 12 étudiants ; l’autre équipe travaille de 17h à 8h, ce sont les éducateurs d’internat qui sont présents toute la soirée et toute la nuit auprès des étudiants, ainsi que les week-ends. Ces deux équipes forment un groupe jeune et soudé, dirigé par Tantely, autrefois éducatrice en SUP : « Nous avons neuf femmes et sept hommes, avec une moyenne d’âge de 30 ans. Ils viennent d’horizons divers, dans l’éducatif ou le travail social, dans des associations, des ONG, sur le terrain ou en siège, mais tous ont la même fibre éducative au service des jeunes. Deux éducateurs sont des anciens du Programme, les autres ont rejoint SESAME il y a un an. »

Chaque matin et chaque soir, les deux équipes se passent le relais : ils prennent le temps d’échanger pour bien suivre les étudiants et les accompagner dans leurs difficultés. « Certains n’ont jamais touché à un ordinateur, un téléphone ou du matériel de cuisine, d’autres n’ont jamais utilisé de papier toilette, beaucoup n’étaient jamais venu à Tana », explique Aina, éducateur-tuteur depuis un an. Pour tous ces étudiants, l’apprentissage des règles de vie en communauté et la découverte de la capitale constituent donc la première épreuve à surmonter. L’un d’eux, par exemple, a mis du temps avant d’oser sortir du campus : « Il avait peur et ne bougeait pas de sa chaise le week-end, raconte Aina. Nous avons demandé aux autres de sortir avec lui, nous lui avons fait faire des petites courses dans le quartier. »

Le suivi au quotidien est primordial dans le travail des éducateurs, qu’ils travaillent le jour ou la nuit, la semaine ou le week-end. A toute heure, ils sont attentifs au comportement et au bien-être des étudiants et saisissent la moindre opportunité pour échanger avec eux. « On peut discuter avec eux dehors, dans l’internat, dans la cuisine, partout ! On repère ceux qui sont seuls, ceux qui trainent alors qu’ils ont du travail à faire, ceux qui sont en retard, ceux qui ne remplissent pas leurs tâches ménagères et on essaye de voir avec eux comment améliorer leur organisation personnelle, » explique Dinah, éducatrice d’internat, à SESAME depuis deux ans et demi.

Parallèlement au suivi informel, les éducateurs-tuteurs sont chargés de faire un entretien formel chaque mois, grâce à une trame qui reprend tous les éléments importants : l’assiduité, la ponctualité, le travail personnel, la préparation des examens, la vie en collectivité, etc. Objectif numéro un : l’autonomie. « Les étudiants ont beaucoup de liberté et on leur apprend à bien utiliser chaque minute, chaque seconde, pour travailler ou pour sortir. Le plus important c’est qu’ils soient conscients de ce qu’ils ont à faire, qu’ils sachent s’organiser. C’est très difficile pour eux, au début ils boudent, mais ensuite ils comprennent que c’est important, que ça enrichit leur vie future, pas seulement leur vie universitaire ou professionnelle, mais aussi leur vie personnelle. Ils s’en rendent vraiment compte lors qu’ils sont en SUP, souligne Dinah qui précise aussi qu’à SESAME, les sanctions sont toujours éducatives, constructives, pour faire progresser chacun. Par exemple en janvier dernier, plusieurs étudiants systématiquement en retard en cours ou pour les tâches quotidiennes, ont dû faire un exposé devant leurs camarades sur la ponctualité et le respect.

Pour les aider à devenir responsable et autonome, l’AP est divisée en trois temps : pendant la première phase, juste après l’intégration, ce sont les éducateurs qui sollicitent les étudiants avec des rendez-vous formels, leur donnent des conseils et leur proposent des solutions. Puis à partir de janvier, l’intervention devient plus spontanée : les éducateurs attendent que les étudiants aillent vers eux et les informent de leurs besoins, leurs difficultés ou leurs questionnements. Enfin, à la fin de l’AP, les éducateurs essaient d’intervenir le moins possible, pour les préparer à leur future vie universitaire, où ils ne seront plus accompagnés par des éducateurs 24H/24.

En plus du suivi au quotidien, les éducateurs sont chargés d’animer les cinq parcours de développement personnel : le Parcours EVA (Education à la Vie et l’Amour), le Parcours Réflexion, le Parcours Société, le Parcours Professionnel et le Parcours Spi. Ces rencontres ont lieu en fin de journée ou le week-end et sont autant de moments d’échange, d’ouverture au monde et de découverte de soi.  « En Parcours Société, j’ai fait du soutien scolaire pour des enfants défavorisés, j’ai aussi passé du temps à couper du bois pour des personnes handicapées, raconte Toavina Ralambosoa, issu de la Promotion SESAME de 2014. On m’a toujours dit : si tu veux avoir quelque chose, il faut donner. Les Parcours m’ont appris beaucoup sur mon potentiel. »

Selon François-Xavier Huard, directeur du Programme SESAME, « l’œuvre d’éducation est au cœur de la mission de SESAME. Mais l’importance jouée par les éducateurs ‘‘de métier’’ ne doit pas cacher le fait que chacun à SESAME par son exemple, quelle que soit sa responsabilité, joue auprès des jeunes un rôle éducateur. » « Sans la partie éducative, on ne forgerait pas de bonnes personnes, renchérit Tantely. SESAME a pour vocation de construire des personnes, et pas seulement des élèves brillants ! »